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À la recherche de l'excellence chirurgicale...

L’arthrose de la base du pouce est définie médicalement par le terme de rhizarthrose.

L’arthrose est une dégénérescence/destruction du cartilage de nos articulations. Cette arthrose peut être primitive due à votre hérédité ou à force d’avoir solliciter votre articulation (arthrose secondaire) dans les suites par exemple d’une fracture articulaire ou d’une luxation du pouce.

La rizarthrose est une arthrose entre l’os trapèze et l’os premier métacarpien. (arthrose trapézo-métacarpienne)

Parfois il peut s’y associer une arthrose entre l’os scaphoïde et le trapèze (arthrose scapho-trapézienne), limitant alors la possibilité de traiter la rizarthrose par une prothèse de pouce.

Au début, elle est la cause de douleurs et d’une perte de force lors de l’usage de la main.  Classiquement le patient décrit une gêne lors de l’ouverture d’une serrure avec la clé, lors du desserrage d’un bocal ou encore dans des activités de jardinage.

Avec le temps, l’évolution se fait vers la déformation typique du pouce en Z et la raideur du pouce.

Le docteur Rémi Foissac réalise cette intervention de chirurgie de la main sur Nice à la clinique Saint-George.

Les différentes possibilités thérapeutiques hors chirurgie

L’arthrose est une maladie qui évolue par poussées douloureuses, c’est à dire des phases où l’inflammation et la douleur sont importantes. On peut alors prescrire un traitement anti-inflammatoire à prendre par la bouche associé au port d’une orthèse de protection réalisée sur mesure par le kinésithérapeute. Cet appareillage stabilise le pouce et empêche le mouvement douloureux de l’articulation malade. Elle peut être portée aussi bien la nuit que pour certains travaux manuels. Généralement, cela permet aux stades débutants de passer le cap douloureux et de reprendre une activité normale.

L’infiltration de l’articulation trapézo-métacarpienne du pouce par un anti-inflammatoire type corticoïdes : réalisé sous guidage par un par le chirurgien sous aide de la radioscopie. Le geste peut-être un peu douloureux notamment les 2 premiers jours ou il existe une accentuation classique de la douleur. Par contre le bénéfice après infiltration est souvent important avec arrêt de la douleur et ces infiltrations peuvent être répétées deux ou trois fois dans l’année. A partir du moment où elles ne sont plus efficaces, il faut envisager un traitement chirurgical.

Déroulement de l'intervention

Elle se fait en ambulatoire (vous sortez le jour de votre intervention) et sous anesthésie locorégionale (on endort seulement le bras). Un cathéter antidouleur peut être posé par l’anesthésiste pour permettre de ne pas avoir de douleurs dans les jours suivant l’intervention.

L’intervention dure entre 50 et 90 minutes en fonction du type de traitement. L’intervention est réalisée avec l’aide d’un garrot pneumatique à la racine du bras (brassard gonflé sur votre bras pour éviter que les tissus saignent durant l’intervention).

Une incision de 5-6 cm est réalisée sur la base du pouce. On ouvre la capsule articulaire du poignet pour accéder au trapèze. On enlève complètement le trapèze en prenant soins de retirer les fragments osseux séquellaires. Par la suite on peut soit réaliser une ligamentoplastie soit mettre un implant.

La cicatrice est fermée avec des points de suture résorbables. Une orthèse en plâtre est réalisée pour protéger le poignet.

Un rendez vous de contrôle est prévu deux à trois jours après l’intervention.

Et après ?

Il existe souvent un œdème important. Il est donc important de bien mettre du froid sur la main et de bien surélever le bras.
Une orthèse en plastique thermoformé est réalisée dans la semaine qui suit l’intervention. Il faudra la garder 1 mois complet.

A 1 mois il faudra faire une radio de contrôle pour autoriser le retrait de l’orthèse. L’orthèse est ensuite à porter la nuit pour soulager le poignet.

Les douleurs lors de la mobilisation du pouce après l’intervention peuvent perdurer plusieurs mois. Un kinésithérapeute vous prendra en charge à la fin du premier mois pour vous rééduquer, diminuer les douleurs et améliorer votre mobilisation du pouce.

Si vous travaillez, il faut souvent compter un mois et demi sans travailler.

La chirurgie

La chirurgie est réservée aux stades avancés de  rhizarthrose. Elle doit avoir lieu après échec des autres traitements et après que le ou la patiente est complètement compris l’intervention, ses risques et ses suites.

Première méthode chirurgicale : la trapezectomie

L’intervention de référence est la trapezectomie : c’est à dire enlevé l’os trapèze qui est malade et ainsi arrêter le frottement douloureux de nos articulations qui n’ont plus de cartilage.

Une fois cet os trapèze retiré plusieurs options sont possibles en fonction du chirurgien et du stade de la maladie :

Ne rien faire

On entraîne un raccourcissement et donc une perte de force du pouce du à l’espace mort crée par le retrait du trapèze.

Mettre une interposition à la place de l’os trapèze qui a été enlevé

  • soit un tendon qui est enroulé pour faire un « anchois » élastique qui permettra de se mouler sur les os et d’éviter l’affaissement.
  • soit une prothèse type Swanson qui est un bloc de silicone destiner à combler le vide laissé par le trapèze après son excision.

Réaliser une suspension du premier métacarpien pour éviter le raccourcissement du pouce

De nombreuses techniques existent et ont pour but de prendre des tendons et de les tendres pour suspendre le métacarpien. (Ligamentoplastie de suspension)

Seconde méthode chirurgicale : l'arthroplastie

Une autre possibilité est la mise en place d’une prothèse trapézo-métacarpienne de pouce (arthroplastie) à condition que le trapèze soit de bonne taille et qu’il n’existe pas d’arthrose avec le scaphoïde. La prothèse se compose de 2 pièces articulées, l’une fixée sur le métacarpien et l’autre sur le trapèze.  Elle donne d’excellents résultats fonctionnels mais présente le risque d’usure avec le temps et de descellement c’est à dire que la prothèse se luxe et que la ré-opération soit nécessaire.

Quels bénéfices apporte la chirurgie ?

Quelle que soit la technique chirurgicale utilisée, l’intervention apporte dans la grande majorité des cas un bénéfice, avec une diminution des douleurs et une amélioration des gestes de la vie quotidienne.

La résection simple du trapèze n’entraîne en général aucune complication mais la longueur du pouce et sa force sont diminuées.

Les prothèses ont l’avantage d’être efficaces sur les douleurs, de maintenir à la fois la longueur du pouce, sa mobilité, de diminuer légèrement la force mais leur durée de vie est limitée.