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La maladie de Dupuytren est une maladie de l’aponévrose palmaire présente au niveau de la main.

Cette aponévrose peut être assimilée à une feuille de collagène qui se trouve entre votre peau et les structures profondes de votre main (tendons, nerfs et artère) et qui a pour rôle de protéger ces structures.

Il s’agit d’une maladie du collagène qui est produit en excès et qui va créer un épaississement de cette aponévrose palmaire. Telles les tentacules d’une pieuvre la maladie va donner de multiples expansions (brides, cordes) qui vont aller se fixer sur la peau, les tendons, les poulies etc et entrainer à terme une rétraction des doigts et une déformation de la peau de la paume de la main.

Habituellement, la rétraction des doigts ne s’accompagne d’aucune douleur. La maladie infiltre volontiers la peau donnant des nodules et des invaginations qui peuvent être sensibles et gênant lors de la pression.La fonction de la main peut être limitée du fait de la rétraction de l’aponévrose palmaire, aboutissant à des cordes fléchissant les articulations de la main. Typiquement l’articulation métacarpophalangienne, l’articulation interphalangienne proximale , ou les deux sont concernées par la rétraction ; le quatrième et le cinquième doigt sont les plus fréquemment touchés. Cependant tous les doigts peuvent être atteints avec des lésions sur les deux mains dans plus de la moitié des cas.

Il ne s’agit en aucun cas d’une pathologie cancéreuse mais bien d’une prolifération bégnine.

Elle intègre le cadre nosologique des pathologies fibroprolifératives pouvant entraîner la rétraction de l’aponévrose plantaire au pied (maladie de Ledderhose) et la rétraction des corps caverneux à la verge (maladie de Lapeyronie).

La maladie de Dupuytren est plus fréquente dans le nord de l’Europe. Elle atteint plus souvent l’homme que la femme autour de 40 à 50 ans. Très souvent,  on retrouve un autre membre de la famille atteint ou des origines nordiques dans la famille.

Certaines hypothèses ont été avancés comme la prise de médicaments anti-épileptique ou encore la consommation alcoolique sans que cela ait pu être prouvés. Le plus souvent on retrouve seulement chez le patient une histoire clinique de membres atteints dans la famille.

La prise en charge de la maladie nécessite un chirurgien ayant l’habitude de traiter cette pathologie car la précision et la connaissance de l’anatomie doivent être parfaites.

Je me suis particulièrement intéressé à cette pathologie et j’ai publié, dans la revue « Chirurgie de la main », une mise au point sur la maladie et les traitements disponibles.

Le docteur Rémi Foissac réalise cette intervention de chirurgie de la main sur Nice à la clinique Saint-George

Les signes cliniques de la maladie

Les signes cliniques sont liés à la rétraction des doigts et de leurs articulation par les brides d’une part et part les invaginations et nodules dans la main.

Le patient ressent fréquemment une difficulté à étendre le doigt et voit progressivement ses doigts se plier sans qu’il ne puisse les redresser.

La maladie doit être pris en charge assez rapidement car la rétraction des doigts va entrainer une rétraction de l’articulation qui peut si elle est traitée de façon trop tardive ne pas récupérer.

Le test de la Table permet d’apprécier la gêne : on demande au patient de poser la main à plat sur une table et d’étendre complétement chaque doigt. Lorsque le patient n’arrive pas à bien étendre tous les doigts, le test est dit positif.

Le chirurgien va mesurer les degrés de rétractions (mesure des angles avec un goniomètre) sur chaque articulation afin de classer la maladie selon la classification en 4 stades de Tubiana.

Aucun examen complémentaire n’est utile au diagnostic qui est clinique.

L’échographie de la main peut retrouver un épaississement de l’aponévrose palmaire dans les stades très précoces.

Les suites post-opératoires

La main doit être surélevée et les doigts doivent bouger afin de diminuer l’oedeme post-opératoire souvent responsable de la douleur

Il est conseillé de garder le plus possible la main surélevée et de bouger les doigts librement. Vous reverrez votre chirurgien au 8ème jour pour vérifier la cicatrice. Les pansements sont très fréquents, surtout au début et variables en fonction du type de chirurgie effectuée,( greffe, lambeau, Mac Cash  » paume ouverte « …)
Parfois il sera nécessaire de porter un appareil d’extension dynamique du doigt atteint après l’intervention (une orthèse) pour éviter une cicatrisation en flexion. Cette orthèse d’extension sera alors confectionnée sur mesure.

Elle devra être portée la nuit pendant 2 à 3 mois pour retrouver l’extension complète des doigts. Dans la journée, les doigts seront laissés libres. La rééducation avec un kinésithérapeute est fondamentale.

Lorsqu’il est réalisé au bon moment le traitement chirurgical de la maladie de Dupuytren est efficace et permet de retrouver l’extension complète des doigts. Globalement les résultats dans la littérature vont de 90% dans les stades I et II débutants à 50% dans le stade IV qui pose le plus de problèmes.

Les formes où le déficit d’extension porte surtout sur l’I.P.P qu’elles soient digitales pures ou palmo-digitales sont de plus mauvais pronostic. Le patient est prévenu qu’un déficit de 20-30° est fréquent quand on part de 70-80° pré-opératoire

Mais la maladie peut récidiver, ce qui est d’autant plus fréquent que l’évolution initiale a été rapide et qu’elle survient chez un sujet jeune. La maladie de Dupuytren est une maladie évolutive et la chirurgie ne fait qu’ôter les stigmates. Tous rayons et tous stades confondus le taux de récidive varie entre 41% et 66% dans la littérature.

Les différentes possibilités thérapeutiques

Aucun traitement curatif n’existe actuellement dans cette maladie

Il n’y a pas de règle mais pour faire simple cela dépend :


du stade de la maladie,


mais surtout de la gêne ressentie par le patient.

Une chose est certaine : plus le doigt est rétracté depuis une longue période avant l’intervention, plus il sera difficile de restaurer son extension totale. N’attendez donc pas pour consulter votre chirurgien.

Parmi les traitements on distingue :

L’abstention thérapeutique (poursuite de la rétraction des doigts et risque de rétractions irréversibles.)

Pour un stade très précoce, sans aucune gêne ou rétraction.

Le traitement médical

Pour un stade débutant : orthèse + massage.

Le traitement par aponévrotomie à l’aiguille (peu invasif, risque de blessure des nerfs et tendons - méthode aveugle -, risque de récidive important)

De réalisation facile et peu invasive. Il peut dans certains cas redonner l’extension complète du doigt par simple section d’une bride. La maladie n’étant pas enlevée, le risque de récidive est bien sur élevé. En cas de récidive, ce geste peut être renouvelé sans inconvénient. Les indications doivent être choisies très attentivement, car malgré sa simplicité apparente, ce geste peut être dangereux s’il n’est pas réalisé par un spécialiste.

Le traitement chirurgical par aponévrectomie (répond le mieux aux exigences de cette pathologie, délais et risque de récidive non prédictibles)

L’intervention se déroule sous anesthésie locorégionale. Des incisions en lignes brisées sont réalisées dans la main, en essayant au mieux de les placer dans des plis naturels. Le chirurgien peut alors retirer les brides, cordes et nodules de la maladie en retirant sélectivement la maladie. Cette intervention doit être réalisé par un chirurgien en ayant l’expérience car le risque de lésions de nerfs ou d’artère est important. Souvent la peau s’est rétracté et lorsque l’extension du doigt est rétabli il existe un véritable manque de peau. Le chirurgien peut alors soit laissé la paume de la main en cicatrisation dirigée (technique de la paume ouverte ou Mc Cash) soit y associer un lambeau (aller chercher de la peau saine en excès pour la placer la ou il en manque. Enfin parfois votre chirurgien peut y associer une arthrolyse, c’est à dire une libération des articulations afin de pouvoir restaurer l’extension du doigt.

En fin d’intervention, vous aurez un pansement hémostatique épais associé à une orthèse d’extension. Ce pansement sera à conserver 48h à 72h jusqu’au rendez-vous de contrôle.

Les risques de l'intervention


Hématome et infection


Troubles de la cicatrisation en particulier chez les patients fumeurs

Lésion d’un nerf sensitif responsable de la sensibilité des doigts. Il faut savoir que la dissection de la maladie en elle-même le long des nerfs peut donner des troubles de la sensibilité (neurapraxie) en postopératoire sans que cela soit inquiétant.

Récupération incomplète de l’extension du doigt : soit du a une maladie déjà trop avancée, soit du à un patient n’ayant pas porter correctement son orthèse d’extension et fait sa kinésithérapie.


Syndrome douloureux régional (algoneurodystrophie)

Section d’un tendon fléchisseur : exceptionnel, mais possible notamment en cas d’aponévrotomie a l’aiguille


Lésion d’une artère ou d’une arcade artérielle


Récidive : imprévisible en terme de sévérité et de délais.